29/01 Sûreté de l’EPR
Risque d’explosion de vapeur d’eau
Diverses études, dont celle de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), intitulée « Les défauts techniques sur la sûreté du réacteur européen à eau pressurisée (EPR) »[3], estiment que ce système pourrait occasionner de puissantes explosions de vapeur, à même d’aboutir à la rupture de l’enceinte de confinement. Ce problème a été identifié par l’Autorité de Sûreté française (ASN) [4] « La quantité d’eau qui pourrait être présente dans le puits de cuve et dans la chambre d’étalement au moment de la percée de la cuve doit être limitée par conception. La possibilité d’une explosion de vapeur importante pendant le noyage du corium doit être évitée et les chargements résultant d’interactions eau-cœur fondu doivent être pris en compte dans la conception ».
Une telle explosion nécessite cependant une fonte du cœur et la percée de la cuve du réacteur, qui est un des accidents les plus graves pour un réacteur à eau pressurisé. Un tel évènement ne s’est jamais produit sur l’ensemble de la flotte actuelle de REP (durant l’accident de Three Mile Island, il y a bien eu fonte partielle du cœur, mais la cuve a tenu). Areva, constructeur de l’EPR, affirme avoir mené des études probabilistes montrant que la fréquence de cet évènement est limitée à 10^{-6}/{an} (un accident de ce type tous les millions d’années de fonctionnement d’EPR)[5]. Cette fréquence est annoncée comme étant 10 fois plus importante chez les réacteurs actuellement en service.
Risque de chute d’avion
L’enceinte de confinement du réacteur EPR a été dimensionnée pour résister aux dégâts provoqués par la chute d’un avion de chasse. Anne Lauvergeon, PDG d’Areva (constructeur de l’EPR), affirma le 10 juillet 2005 que le réacteur EPR est « conçu pour résister à tout, y compris les chutes d’avions »[6].
Le Réseau « Sortir du nucléaire » a rendu public en 2003 un document Confidentiel défense issu d’EDF. Ce document détaille la capacité de résistance de l’enceinte de l’EPR et conclut que « le cas de chargement proposé/retenu couvre une large gamme de types/masses/vitesses. Il couvre raisonnablement les chargements induits par des avions moyens/gros porteurs ». Pour les antinucléaires, la formulation « couverture raisonnable du risque » est l’aveu que le réacteur EPR ne résisterait pas à un crash réalisé avec un gros porteur.
John Large, un scientifique britannique « bien connu du mouvement antinucléaire »[7], mandaté par Greenpeace, a étudié le document classé « confidentiel défense » émanant d’EDF ; en mai 2006, il déclare que « L’analyse d’EDF semble être technique et solide, mais quand on regarde en détail, elle ne tient pas », et affirme que la quantité de carburant embarquée dans un avion commercial pourrait provoquer une explosion et que les locaux abritant le combustible pourraient ne pas résister au choc causé par la chute de l’appareil [8].
La classification secret défense des informations techniques fait l’objet d’une polémique[9] ; Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau « Sortir du nucléaire », a été placé en garde-à-vue le 16 mai 2006 par la Direction de surveillance du territoire (DST), sur réquisition de la section antiterroriste du Parquet de Paris, pour possession d’un document classé « secret défense » relatif à la sûreté du réacteur EPR vis-à-vis du risque de chute d’avion, ce qui a suscité diverses protestations[10]. Le lendemain, pour protester contre cette garde à vue, diverses organisations (Réseau « Sortir du nucléaire », Greenpeace, Les Amis de la Terre, etc.) ont publié sur leur site web une copie du document confidentiel défense[11].
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