Toujours au sujet de l’épisode du salon de l’agriculture où Sarkozy a insulté quelqu’un qui refusait de lui serrer la main :
« Il est difficile, même quand on est président, de ne pas répondre à une insulte, j’ai sans doute les défauts de mes qualités. Ce n’est pas parce qu’on est président qu’on devient quelqu’un sur lequel on peut s’essuyer les pieds. » « Cela étant, j’aurais mieux fait de ne pas lui répondre », concède-t-il.
Dominique de Montvalon, directeur de la rédaction du quotidien, interrogé mardi matin sur Canal+, a cependant précisé que cette dernière phrase « n’a pas été prononcée » devant le panel de lecteurs du quotidien qui ont interrogé M. Sarkozy. « Ils retrouvent dans le journal quelque chose que le président n’a pas dit, qu’ils n’ont pas entendu. »‘ L’esquisse de mea culpa présidentiel a été insérée a posteriori dans l’entretien par l’Elysée, qui a amendé et corrigé le texte avant de le retransmettre au journal, lundi en fin de soirée. Le directeur de la rédaction a précisé que Le Parisien publierait mercredi la version non amendée de l’entretien, qui s’est déroulé lundi matin à l’Elysée.
(suite dans le journal Le Monde)
L’Elysée se permet d’ajouter des passages dans une interview, et le rédacteur en chef laisse passer ? Quelle liberté de la presse !
Je continue sur les déclarations faites pendant cette même interview.
Après cette tentative de rattrapage, le président aborde différents thèmes polémiques. Pour commencer la loi de rétention de sûreté pour laquelle il demande, en gros, que soit amendée une décision du conseil constitutionnel (dont les décisions sont —en démocratie— sans appel), pour ce faire rien de mieux que quelques grosses larmes du bon père de famille : « On aura donc deux catégories de serial-violeurs : celui qui sera libre parce qu’il a été condamné juste avant la loi, et celui qui n’aura pas le droit de sortir parce qu’il a été condamné juste après ».
Puis le président s’attaque à la police de proximité dont on lui reproche —selon les chiffres, à juste titre— la disparition, du temps où il était ministre : « Pour moi, la vraie police de proximité, c’est la brigade anti-criminalité (…), ceux qui sont sur le terrain au moment où les délinquants s’y trouvent ».
Vient l’éducation, avec son lot d’idées : « Les résultats de l’école seront communiqués aux parents et il y aura une évaluation tous les deux ans des professeurs sur leurs résultats. ». Pour ce qui est du deuxième point, très fort, très grand, très créatif ! D’après vous, comment un professeur face à des élèves de 14 ans peut avoir de bons résultats ? En remplaçant les contrôles écrits par des QCM, par exemple…
Talonnée par la Société Générale, qui visiblement préoccupe l’exécutif. Faut-il rappeler que cette société et privée, qu’elle respecte les lois et paie ses impôts ? Le gouvernement ou le président n’ont pas leur mot à dire à ce sujet. Ce même gouvernement ferait mieux de se préoccuper de ses propres sociétés qui fonctionnent de moins en moins bien (La Poste, la SNCF…), à moins que cette situation n’en arrange certains, mais là c’est un autre débat. Pour en revenir à SG, voici la prose du président : « Je n’ai rien contre Daniel Bouton. Mais on ne peut pas dire : « Je vais être payé 7 millions par an » et quand il y a un problème, dire : « C’est pas moi ». Ça, non, je ne l’accepte pas. » (c’est très amusant mais ce comportement me rappelle quelqu’un, qui au passage est peut-être vexé de ne pas gagner ces 7 millions d’euros).
Au sujet des sous sous, notre président après son laius sur le salaire du M. Bouton, PDG d’une société privée qui équilibre très bien ses comptes, « s’explique » sur ses 140% d’augmentation (je cite Le Monde) :
En outre, le président se justifie sur son salaire en soulignant qu’il gagne « 19 000 euros par mois » alors que son prédécesseur, Jacques Chirac, gagnait 20 000 euros. M. Sarkozy explique qu’il a voulu « gagner exactement comme le premier ministre », soit « 19 177 euros », tandis que Jacques Chirac cumulait 10 000 euros de salaire en tant que président et « toutes ses retraites ». « Ça faisait 20 000, soit ce que gagne le premier ministre. »
Bref, un article instructif dont je vous recommande la lecture (à tous les degrés possibles).
Màj : José Ferré vient de publier sur Carnets de Nuit un article qui éclaire (de mon point de vue au moins) la situation sur la loi de rétention de sûreté évoquée plus haut.