Ce billet tient lieu de réponse à un commentaire déposé par quelqu'un de chez MusicMe sur un précédent billet.
Je tiens tout d'abord à m’excuser pour le ton un peu agressif dudit billet, qui n’aborde que les aspects négatifs de MusicMe.
L'approche de la diffusion musicale choisie par cette plateforme et d'autres comme la FNAC (et peut être bientôt iTunes) me semble idéale car elle présente des avantages, par rapport à une diffusion classique où l'achat se fait au titre ou au disque, pour tous les acteurs :
• Pour les auteurs et plus particulièrement ceux qui n'ont pas la chance d'être connus. Peu de gens prennent le risque de d’acheter un CD vendu 15€ pour « tester » un auteur inconnu alors que dans le cas d'une diffusion au forfait, ce « test » devient gratuit... De plus l'accès à un vaste catalogue pour un prix forfaitaire ne peut qu'inciter à aller vers de nouveaux auteurs, ce qui rapporte au final car plus de places de concert ou de produits dérivés sont vendus (raccourci un peu rapide mais je ne souhaite pas trop m'étendre).
• Pour les producteurs (indépendants ou majors), car ce mode de diffusion semble être le seul capable d'endiguer le piratage. De plus, il assure des entrées récurrentes.
• Pour les plateformes, car le coût d'accès à la musique est bien plus bas dans le cadre d'un forfait, ce qui est un bel avantage commercial. Ce coût est même inférieur à celui du piratage si l'on considère un prix moyen de 30$ pour un accès illimité à Usenet.
C'est beau, c'est légal, c'est disponible et c'est pour de vrai ! Malheureusement quelques défauts subsistent :
• La gestion des droits numériques (pour laquelle il n'existe aucun standard ouvert) qui pose de nombreux problème à tous les étages, depuis l'ordinateur jusqu'au périphérique ; et qui crée des situations ridicules (et amusantes) : un consommateur qui achète une clé MP3 à la FNAC ne peut pas forcément y écouter la musique téléchargée depuis FNAC Music.
Il reste un gros travail d'ouverture à fournir dans ce domaine, pour créer un standard de gestion de droits numériques interopérable (qui, au passage, pourrait être applicable à d'autres médias : journaux, livres, photos, vidéos, logiciels...).
• La petitesse des catalogues, qui n'est pas vraiment un problème, et qui on peut l'espérer ne durera pas, est aujourd'hui une réalité (qui qu'en dise MusicMe, une courte recherche sur des artistes moyennement connus le confirme : Cut Chemist, Kid Koala...)
Les améliorations pourraient être :
• Une meilleure intégration des plateformes dans le Web 2.0 (à l'instar de last.fm), avec des connexions possibles avec les blogs (petits widgets en flash ou en JS), les réseaux sociaux (à quand l'appli Facebook MusicMe ?) et les pages personnalisable (Netvibes, Google IG, etc.).
• Une ouverture complète des catalogues en supprimant les verrous numériques (je sais ça fait peur à tout le monde). Mais il si l’on considère les avantages de la vente : qualité d’encodage de la musique, bonne organisation du catalogue, moteurs de recherche performants, présence des pochettes et d’informations sur le disque, facilité de téléchargement, cette approche sans verrou ne me semble pas si stupide que ça, surtout qu'elle solutionne d'un bloc les questions d'interopérabilité !
Pour conclure, je ne peux que remercier les plateformes comme MusicMe qui font progresser dans le bon sens la diffusion musicale.